SOLIDARITE-ECOLES

aide à la scolarité au Burkina Faso

BURKINA-FASO Mission 2010

Dimanche 14 novembre, 7 h du matin à Orly, une nouvelle mission commence pour Joëlle, Gérard et moi. Arrivés à Ouagadougou, nous retrouvons Fidèle et Daouda, nos correspondants en compagnie de Moussa et M Boly avec le 4x4 prévu.

Un court passage au Marina Market permet de changer les euros en CFA et de faire provision d’eau en bouteilles. On retrouve Muriel avec sa voiture remise en état, on s’installe et un petit maquis nous accueille pour dîner.

Lundi 15 novembre est consacré à l’achat et à la commande d’artisanat. Au village artisanal, nous choisissons des wax, bazins, boubous, des services de table brodés ou peints, des objets en cuir, bois ou paille, des instruments de musique. A Niogsin chez Ali Dermé, nous commandons de nouveaux bronzes. Un passage au C.N.A.A. et au Village du Bronze nous permet de compléter nos achats d’artisanat ! Un nouveau change d’euros s’impose car nous partons demain pour Kaya et Tamiga, des écoles du Sahel.

Mardi 16 novembre

Départ matinal. Un arrêt à MANEGA, nous permet de visiter un musée réputé. En effet, des milliers d’objets anciens, dont beaucoup étaient sacrés et servaient au culte animiste s’offrent à nos yeux émerveillés : bracelets de poignets et de chevilles, objets royaux, tenues sacrées, vêtements de guerre, instruments de musique dont certains ont complètement disparu, masques... On entre dans le pavillon funéraire en marchant à reculons, pour ne pas faire face à la mort. Certains objets ne sont visibles nulle part ailleurs mais ce musée magnifique aurait besoin d’entretien.

A Kaya, nous retrouvons Laurent et Sita, anciens collègues de Tamiga, nommés dans d’autres villages. Nous leur apportons courriers et aide financière.

Arrivée à Tamiga au crépuscule ! Pot de bienvenue, installation dans des tentes, repas et il est l’heure de se reposer.

Mercredi 17 novembre

Nous visitons en compagnie de Fidèle, Florian et Sidoine, les nouvelles salles de l’école normalisée à 6 classes. Le griot aveugle, toujours présent, nous accompagne de sa mélodie plaintive.

Direction, le collège de NASSERE pour une visite au Principal et aux nouveaux filleuls.

Afin d’harmoniser nos actions de parrainage de lycéens, et de permettre à Tamiga d’entrer dans la communauté des villages de NASSERE nous rencontrons les responsables de l’AA. MADEFON.

Ce soir, une grande soirée vidéo est prévue à Tamiga. Nous devons transporter le matériel nécessaire à la présentation du film « 2 Soleils pour Tamiga » et le reportage photographique du voyage de Fidèle en France cet été. Le 4x4 déchargé, nous filons sur Kongoussi acheter les provisions nécessaires à la réception après spectacle !

En chemin, nous admirons une concession mossie avec son cochon attaché au pied d’un arbre, et les céréales séchant sur les toits …

Le Lac Bam est en crue, les gens s’activent sur le radier. Au marché, c’est la fin de la journée mais de nombreux petits étalages proposent encore fruits et légumes en quantité. Le pain frais et chaud attire toujours les clients. Nous terminons les achats de boissons et reprenons la route de Tamiga.

De retour, à la nuit noire, une surprise nous attend : la cour de l’école est envahie par une foule de personnes, assises par terre, admirant un concert de percussions sur un grand écran lumineux. Moment magique, rempli d’émotion devant ce spectacle inhabituel pour nous ! Tamiga, village sans lumière, transformé par le miracle de l’électricité !

La projection du film réalisé en 2008 dans ce village « 2 Soleils pour Tamiga » commence et suscite surprise, rires, suivis de silences admiratifs. Yvette et Roger, nos 2 écoliers deviennent des vedettes sous les yeux des villageois !

Le voyage de Fidèle en France laisse les spectateurs sans voix. Les officiels qui n’étaient que de passage resteront tard dans la nuit ! Discussions, échanges, poursuites de moments partagés… qui laissent de merveilleux souvenirs.

Jeudi 18 novembre

Réception à l’école avec les notabilités et notoriétés de Tamiga. Discours, échanges de cadeaux habituels. Les hommes resteront longtemps à discuter sur un banc à l’ombre à déguster le dolo et à partager les noix de karité !

Les visites et remerciements de parents et d’élèves se succèdent tout l’après-midi.

Le soir, Joëlle et moi, décidons de visiter Tamiga by night. Nous rencontrons des enfants participant aux tâches quotidiennes, des zébus et des chèvres s’abreuvant au « boulis », des filles et des femmes portant des bébés sur leur dos, se rendant au moulin pour moudre le grain, des jeunes et des hommes discutant devant les 2 cabarets du village ! Une vie encore active de fin de journée, dans un village d’Afrique de l’Ouest, là où la fée électricité n’est pas passée !!!

La journée se termine : dîner, rangement et coucher sous la tente à la lueur de la lampe électrique.

Vendredi 19 novembre

Départ très matinal, nous quittons les collègues réveillés, pour nous rendre à Douré. Passage à Kongoussi direction Ouahigouya. En chemin, visite de sites miniers, on nous montre des pépites d’or ! La végétation est différente et les baobabs toujours aussi majestueux. On se perd sur les pistes mais avec l’aide des appels téléphoniques aux collègues, on finit par arriver à Douré qui s’appelle en réalité « Minima Douré ». Il fallait le savoir !!!

Accueil chaleureux avec des chants et des danses d’élèves. Les enseignants nous font visiter leurs classes et nous admirons les poches d’eau, les foyers. La bonne ambiance ressentie au sein de cette école arborée fera plaisir à Anne, la correspondante française. Michel nous invite à partager un repas convivial avec sa famille chez lui à Gourcy. Je suis heureuse de retrouver sa femme, ses enfants que j’ai connus en 2001 à Bissiga. Un moment de rencontre agréable qui fait oublier les heures passées sur les pistes depuis ce matin !

Mais bien vite nous quittons nos hôtes pour aller saluer Mamadou et sa famille à Yako. Nous y retrouvons Moussa, étudiant en 3ème année de médecine à la faculté de Ouaga, qui nous accompagnera dans la poursuite de nos visites.

A Koussago, Yousoufou et ses collègues nous montrent les réalisations. Les poches d’eau installées dans les classes sont en service, les foyers améliorés construits en métal, sont transportables et utilisés en plein air dans la cour de l’école. Ils sont ensuite rangés chaque soir dans un local attenant aux classes.

Boulkon est la dernière école à visiter aujourd’hui. Nous sommes accueillis par une nouvelle équipe jeune avec une directrice dynamique. Les six poches d’eau sont utilisées par les élèves dans les classes .Le nouveau local, construit pour abriter les foyers améliorés, nous satisfait pleinement avec ses cheminées extérieures. C’est une idée excellente qui peut servir de modèles à tous ceux qui envisage une cantine scolaire. La directrice nous remet une liste de demandes d’aides pour les élèves et nous assure qu’elle peut récupérer le matériel arrivé à Bobo, sans problème. Nous verrons comment répondre à leurs besoins de vêtements et de matériel scolaire dès notre retour en France.

Retour à Bobo avec Moussa vers 20 h. Bien fatigués de notre longue journée de visites, nous dînons légèrement et préparons la suite de la mission avant de nous coucher.

Samedi 20 novembre

Nous sommes invités chez Fidèle, chez Claire et chez Daouda !

Nous allons chercher nos commandes d’artisanat au Village Artisanal, à Niogsin, au CNAA et au village des Bronziers. Une visite de l’école de Muriel et un passage chez Zaka avec quelques achats originaux et un rafraichissement bien agréable par cette chaleur en fin d’après-midi !

La journée est trop courte et la fatigue se faisant sentir, nous devons annuler, à notre grand regret, la visite chez Daouda.

Dimanche 21 novembre :

De bon matin, nous démarrons pour le Parc du W, via Bissiga où nous laissons Fidèle qui doit assurer son devoir électoral. En effet les élections présidentielles ont lieu aujourd’hui.

Nous continuons notre route : Koupéla, Fada N'Gourma, Matia Koali, Kantchara, Tamou pour arriver au Campement de La Tapoa vers 17 h. Des bungalows climatisés nous accueillent avec bonheur !

Nous effectuons les formalités nécessaires pour nos visites dans la Réserve du W. Gnégnébé sera notre guide.

Lundi 22 novembre

Un petit déjeuner copieux à 6 h du matin et nous voilà prêts pour la visite de la Réserve. Gnégnébé nous attend, Nous nous installons sur le toit du 4x4, nos appareils photos en place et nous entrons dans la réserve.

Seuls au milieu de ces vastes plaines de savane soudano-sahélienne, nous admirons de magnifiques oiseaux aux plumages éclatants : petits calaos à bec rouges avec un corps noir et blanc, rolliers d’Abyssinie bleu-vif au dos roux et aux ailes pourpres, pique-bœuf à bec jaune, huppes au plumage à motif noir et blanc, une multitude de vanneaux aux longues pattes et à bec rouge et des colonies de pintades sauvages qui courent partout. En les voyant sans cesse en mouvement, je me demande comment elles peuvent rester immobiles assez longtemps pour couver leurs œufs !

Au détour des pistes, nous rencontrons des cobes Defassa, aux gracieuses cornes recourbées pour les mâles. Les femelles forment de petits troupeaux. Du fait de leur dépendance à l’égard de l’eau, ces antilopes vivent assez près des rivières Tapoa et Mekrou.

Sous les arbres, nous admirons des cobes de Roseaux, plus petits, avec des cornes courtes carénées en avant et vers le haut, pour les mâles et à la queue blanche.

Le paysage change. Un peuplement d’immenses baobabs et de karités témoigne de l’exceptionnelle continuité de la présence de l’homme depuis des temps reculés jusqu’à la période actuelle. En effet, ces arbres n’auraient jamais pu s’y développer sans la protection des hommes.

Savonniers, pieds de chameau, palmiers rôniers, kapokiers, nérés, « orangers à singes » , ces arbres providences sont protégés car ils sont utiles aux hommes et aux animaux. En effet, feuilles, fruits, écorces, racines, toutes les parties peuvent être utilisées comme médicaments, nourritures humaine et animale, fournitures de matériaux…, du bonheur pour tous.

L’heure avançant, les animaux se faisant rares avec la chaleur, nous décidons de revenir au campement. N’ayant pas réservé de repas au restaurant et pas de maquis existant au village de La Tapoa, nous partagerons un frugal repas dans notre bungalow. Pastèque et pain de la veille seront au menu !

Un peu de rangement et de repos, nous voila prêts à repartir pour une nouvelle visite du Parc. La chance nous sourit avec la rencontre d’un magnifique couple de Grands Calaos d’Abyssinie. Ils se laissent admirer avant de prendre un envol majestueux pour se poser dans un arbre voisin. Des vols de perdrix, de guêpiers très colorés, des calaos, des rolliers d’Abyssinie, des huppes et aussi des rencontres avec des cobes et des impalas nous conduisent jusqu’aux rives de la Mekrou. Un silence impressionnant nous accueille et subitement nous apercevons des singes verts ou des patas qui se déplacent, sans bruit presque, dans la canopée au-dessus de nos têtes. Nous nous sentons bien petits sous ces arbres gigantesques et ces singes nous paraissent habiles et sûrs d’eux dans cette végétation dense ! Au retour, au hasard des pistes, nous rencontrons un magnifique hippotrague (grande antilope cheval), des lapins, une civette et des chouettes.

Mardi 23 novembre

Départ matinal pour une excursion en pirogue sur le fleuve Niger

Nous embarquons, en chaussettes, sur les matelas de la pinasse et commençons notre voyage, émerveillés par le calme et la sérénité des lieux. Nous filons sur le Niger, au gré d’un moteur au bruit assourdi et admirons des oiseaux de toutes couleurs, des hérons et un aigle pêcheur en plein vol. Nous croisons des pirogues chargées de matériel, de légumes, de villageois qui se rendent au marché sans doute ! Sur les rives, les nouveaux greniers construits à l’écart des concessions donnent à penser que les récoltes de céréales sont bonnes cette année ! Des jardins cultivés, entourés de palissade, offrent de magnifiques légumes et les villageois nous saluent en souriant. Près du village de Sitafa, nous admirons des aigrettes blanches, des vanneaux, des hérons, des rapaces et nous croisons un couple dans une pirogue à balancier. Le bruit de l’eau qui tape sur notre pinasse est agréable.

Les paysages changent. Une plaine fluviale, avec des concessions nombreuses, des jardins bien entretenus, des champs cultivés, des troupeaux importants de zébus aux bosses bien grasses , des cocotiers sur les rives, des manguiers et d’autres fruitiers succèdent aux entassements de gros blocs croisés auparavant.

De nouvelles pirogues, un dernier virage et nous voilà arrivés au village de Karey Kopto. Surprise ! Nous accostons à côté d’une très longue pirogue en cours de chargement d’énormes courges qui seront vendues au marché de Niamey. Salutations, présentation et la visite du village commence. La proximité de l’eau permet la culture de la canne à sucre (appréciée des enfants), des courges et calebasses, du mil, du sorgho et autres céréales ainsi que l’élevage de nombreux animaux. Chèvres, ânes, zébus, canards, poules et poussins se promènent librement dans les rues, au milieu de tous. Les filles pilent, les moulins écrasent les grains, les enfants dégustent des morceaux de canne à sucre, les gens circulent, le village vit.

Des essieux de roue de camion, cimentés dans les murs des cases permettent une aération des habitations. C’est ingénieux comme système !

En montant la rue principale, accompagnés par de nombreux enfants et des jeunes, des mamans nous demandent de photographier leurs bébés. Quel bonheur de les admirer ensuite sur l’écran de l’appareil-photo ! Tout le monde veut être pris en photo pour se regarder ensuite. Rire, joie de se reconnaître sur l’écran, c’est magique ! Mais on ne peut pas laisser les photos …

Le guide nous montre de grosses chauves-souris ensommeillées, accrochées dans un arbre au milieu du village. Nous arrivons près de la case du chef. Le guide nous présente : salutation, échanges et retour à l’embarcadère.

Nous quittons Karey-Kopto et revenons en longeant la rive gauche cette fois. De nouveaux des paysages changeants, des rencontres de hérons en train de pêcher, de rapaces aux plumes marron, d’aigrettes blanches, le clapotis de l’eau ! Un petit arrêt près d’une concession nous permet d’admirer de près les nénuphars fleuris et la végétation d’herbes aquatiques de la rive. Des femmes font la lessive, on nous propose des poulets. Le clapot s’intensifie, la pirogue remue, des gouttes d’eau nous mouillent, le guide revient et nous reprenons le milieu du Niger pour continuer. Comme à l’aller, nous retrouvons à tribord, les plaines alluviales avec les vaches et les zébus en troupeaux tranquilles, les jardins entourés de palissades puis les falaises, le chaos des blocs de roches empilées, les strates avec les arbres accrochés sur les bords.

Allongés tranquillement dans la pinasse, la main dans l’eau, nous glissons lentement, seuls sur le Niger. C’est un moment hors du commun, irréel, un rêve éveillé !

Bientôt la vie reprend sur les rives : femmes au travail, maigre lessive qui sèche sur les buissons, de belles chèvres noires et blanches qui mangent l’herbe et des rizières sur des parcelles carrées abritées derrière des levées en terre. Plus loin, des bœufs portant de splendides paires de cornes, côtoient des paysans au travail dans leur champs, des enfants qui pêchent ou jouent dans une pirogue. Sur l’autre rive, une colline plantée de majestueux baobabs et de gros arbres fait face à cette plaine fertile et cultivée.

De retour au campement « Niger Car », un repas simple, à base de crudités et d’ananas nous est servi sous un hangar qui nous abrite du soleil brûlant.

Sur le chemin du retour, près d’un brulis, panne sérieuse : plus de frein ! Le chauffeur démonte la roue, la remonte puis la redémonte … rien n’y fait, toujours pas de frein à l’avant !

Nous apercevons un cobe Defassa et un bubale. Péniblement, nous réussissons à regagner le Campement de La Tapoa. Le 4x4 est examiné par des mécaniciens et …le diagnostic arrive : nous ne bougerons pas d’ici un certain temps. L’après-midi se passe. Le paysage est magnifique, la Tapoa coule dans un lit encaissé dans des gorges face à nous.

Joëlle ayant oublié son maillot de bain à Ouaga, nous ne plongerons pas dans cette eau claire sous le soleil brûlant ! Nous nous asseyons au bord, les pieds dans l’eau.

Et alors, le hasard faisant bien les choses, voyant notre désarroi, Khaled, un conducteur de travaux en activité sur les routes reliant Niamey à La Tapoa, nous propose de l’aide pour dépanner le véhicule en panne. Notre chauffeur ira demain, à Niamey, chercher les pièces nécessaires avec un conducteur de camion de son équipe.

Après-dîner, Khaled et son ami Issaka, lieutenant-chef des gardes forestiers, nous convient à une sortie de nuit, dans la réserve, à la rencontre d’hypothétiques animaux. Nous acceptons avec joie et partons de suite. Selon Issaka, 200 lions vivent dans cette réserve. Mais nous n‘en rencontrerons pas cette nuit.

Mercredi 24 novembre

Lever tardif…à 7h ce matin ! Petit déjeuner en terrasse ombragée, face aux gorges de la Tapoa. Nous apprenons le départ de Moussa pour Niamey. Il reviendra avec les pièces nécessaires à la réparation du véhicule. En attendant, ce sera une journée de repos au campement. C’est un endroit magnifique, situé sur les limites du Parc, un espace privilégié par excellence et nous en profiterons pour photographier les nombreux oiseaux et margouillats, présents autour de nous.

Nous préparons notre sortie nocturne dans la réserve avec en prime, un dîner, au clair de lune, au milieu de nulle part.

Des buffles traversent une piste. Nous suivons leurs traces, les écoutons et les apercevons au travers des arbustes.

Arrivés dans une clairière, nous descendons du 4x4. Issaka, Amer et Khaled préparent 3 feux et nous nous installons au milieu, pour déguster notre repas. C’est un moment magique ! Assis en pleine nature, la nuit, un sandwich et une bière à la main, à l’abri de 3 feux de camp, cela semble plutôt irréel !

Même si nous n’avons pas rencontré de « big-five », je n’oublierai pas cette soirée au W !

Jeudi 25 novembre

Dernière journée dans le parc. Notre 4x4 est réparé. Gnégnébé nous attend à l’entrée de la réserve. Il a à cœur, de nous montrer les richesses du W. Son souhait sera exaucé. Une tortue sulkana, en bas âge, suit la piste. Nous nous arrêtons pour l’admirer. De crainte, elle se soulage dans les mains du guide !

En continuant, nous rencontrons des phacochères, une magnifique antilope cheval qui nous observe avant de détaler en bondissant et un couple de grands calaos en parade amoureuse. Ils s’envoleront avant d’avoir pu les photographier !

De hautes termitières, des baobabs énormes, des gommiers, plein d’arbustes en pleine floraison, de grandes herbes, savane arbustive, et savane herbacée se mélangent

Le soleil est de plus en plus haut et il commence à faire chaud. Une nouvelle panne empêche notre véhicule de gravir une côte glissante. Stoïquement, nous attendons le démontage de la roue afin de desserrer les mâchoires des freins !!!

Midi : nous sortons du parc. Isaak nous annonce que nous sommes attendus à 15 h 30 pour visiter l’école de La Tapoa.

Au restaurant, un délicieux repas nous attend : crudités, couscous et tarte sont au menu.

Petit passage au bungalow pour se rafraichir et commencer à ranger.

Nous repartons pour rencontrer le directeur, ses collègues et visiter l’école. Des plafonds dans les classes, des fenêtres avec des volets, l’électricité installée et 2 ordinateurs en fonction, seulement une vingtaine d’élèves ! Nous sommes très surpris ! Le directeur est bien organisé et a su trouver de l’aide auprès des touristes du Campement.

Arrivé sur ces entrefaites, le Commandant des Gardes forestiers nous fait visiter le musée. Nous achetons des livres et des chapeaux en paille.

Une dernière visite dans le Parc du W nous permet d’admirer des cobes de Buffon, des babouins dégustant les fruits du baobab, des phacochères, toujours en train de courir, une civette, des pintades se sauvant dans les herbes, et d’apercevoir de puissants buffles.

Et c’est la fin de notre visite.

Dernier repas au Campement, échanges des adresses mails avec les nouvelles connaissances, rangement des sacs, dernière nuit dans le bungalow.

Vendredi 26 novembre 2010

Départ prévu à 6 h. Une nouvelle panne du 4x4, qui refuse de démarrer, nous fera quitter le Campement de La Tapoa à 7 h. Nous croisons les camions de Rhaled sur la route en construction et passons la frontière à Tamou.

Arrivée à Kantchari à 10 h, nous remettons nos montres à l’heure car il n’est que 9 h au Burkina. Nous devons faire le plein du véhicule et quelques achats au marché. Un excellent pain de mie pour notre petit déjeuner demain matin et de grosses noix de cola pour offrir aux notabilités lors de nos 3 dernières visites d’écoles.

Une halte dans un maquis, à la sortie de Fada N’Gourma, nous permet de nous restaurer rapidement, avant de reprendre la route pour Zorgho puis la piste pour Bissiga.

Nous retrouvons Charles et ses 2 collègues. Le jardin scolaire, cultivé par les membres du Comité de gestion cet été, a permis une bonne récolte de mil et de sorgho, très utile pour la cantine. Il sera bientôt ensemencé pour fournir des légumes aux élèves de l’école. Le chef de Bissiga et les représentants de l’A.P.E. viennent nous saluer et nous promettent d’aider les écoliers dans leur travaux de jardinage.

Nous les quittons tous pour repartir sur Ouaga. Il reste 120 km à parcourir et il fera bientôt nuit.

Surprise à la station service à l’entrée de la capitale ! Nous retrouvons Daouda qui fait le plein de sa moto.

Une heure plus tard, nous arrivons chez Muriel. Une bonne douche, un dîner léger suivi d’un repos salutaire seront les bienvenus !

Samedi 27 novembre

Nous sommes attendus à Bagane pour découvrir le forage et inaugurer le jardin scolaire. Gustave PODA nous accompagne. Nous attendons le 4x4 mais nous apprenons qu’une nouvelle panne l’empêche de démarrer.

Le temps de trouver un véhicule de remplacement, nous ne partirons qu’à 14 h.

Jusqu’à Pô, la route en bitume est bonne, mais les derniers 100 km de piste sont difficiles.

Arrivés à Bagane, nous sommes accueillis par Homer et des parents d’élèves.

Le village est en deuil à la suite du décès d’une jeune femme. Nous sommes invités à participer aux funérailles le lendemain.

Après le repas, nous apprenons qu’un dispensaire a été construit par les villageois mais qu’il n’a jamais pu fonctionner, faute de matériel et de nomination d’un infirmier. Rendez-vous est pris le lendemain après la visite de l’école, du forage et de l’inauguration officielle des différentes réalisations financées par l’association.

Les échanges se poursuivent tard dans la nuit.et nous nous quittons pour un repos bien mérité !

Dimanche 28 novembre

Bien reposés après une nuit calme, lever matinal, ablutions dans une salle de bain, petit déjeuner copieux partagé avec nos hôtes, la journée commence bien.

Près de l’école, la place ombragée qui nous avait accueillis lors de notre précédente visite en 2008, est noire de monde. Les villageois et les habitants des communes voisines sont réunis pour participer aux funérailles de la jeune femme. Percussions, chants, pleurs, voix du griot qui évoque la disparue pour honorer sa mémoire ! Nous sommes invités à nous joindre à la famille et allons lui présenter nos condoléances. C’est une cérémonie émouvante qui réunit ces gens et nous sommes émus et honorés de pouvoir partager ces moments forts de leur vie.

Nous nous rendons ensuite à l’école pour admirer les réalisations de l’association.

Le forage construit dans la cour, permettra à tous les élèves d’utiliser une eau potable et fraîche pour se désaltérer, se laver et arroser le jardin scolaire contigu. Il sera utilisé également pour la cantine et contribuera ainsi à une meilleure hygiène alimentaire.

Les parcelles du jardin, bien délimitées, sont ensemencées de légumes variés qui laissent augurer de bonnes récoltes pour la cantine. Bientôt des arbres fruitiers seront plantés autour et créeront une ombre salutaire pour les futurs semis. Le compost est commencé. Cet engrais naturel sera rapidement en état d’utilisation.

Sous l’œil heureux des adultes réunis pour cette fête, les élèves vont chercher brouettes, arrosoirs et outils de jardinage, bien rangés et à l’abri dans un local tout proche. Ils sont fiers de nous montrer leur matériel et nous aussi, arrosons les plantations avec un réel bonheur.

Dans les classes, les poches d’eau potable sont installées. Demain chacun pourra boire à sa soif, une eau de qualité !

Les foyers améliorés, construits en béton, seront utilisés le lendemain pour préparer le repas à la cantine scolaire.

Nous sommes heureux de pouvoir aider à améliorer la vie de ces écoliers.

Déchargées en partie des corvées d’eau, les filles resteront présentes toute la journée dans les classes.

Nous allons ensuite visiter le dispensaire. Construit en 1986, il n’a jamais servi. Les matériaux de construction, de bonne qualité, l’ont laissé en parfait état. Quelques petits travaux de rafraichissement et de peinture permettraient une utilisation presque immédiate. Il manque des lits, un peu de matériel médical et surtout la nomination d’un infirmier. Le préfet, consulté le matin même à ce sujet, est favorable à la création d’un poste. Les villageois prendraient en charge la rénovation du local. Quant à Solidarité-Ecoles, avec l’aide de Berry-Faso et du Commandant Jonas Somé, nous pourrions faire parvenir des lits, matelas et divers matériel dans le prochain camion arrivant à Bobo Dioulasso.

Le moment de « demander la route » arrive et nous quittons Bagane avec une étudiante qui doit rejoindre l’université de Ouaga le lendemain.

Nous retrouvons Muriel et passons la soirée ensemble.

Lundi 29 novembre

Continuer les achats d’artisanat, récupérer les commandes de bronzes et de cuirs, retrouver Diane au Jardin de l’Amitié, ne pas oublier les noix de cajou et les mangues séchées, nouvelles visites au Village Artisanal et au C.N.A.A., courir, toujours courir !

Ce soir, nous sommes invités à dîner chez Daouda, dans sa nouvelle maison. Un festin préparé par sa jeune et jolie femme nous attend. Leurs deux enfants Zaina et Mourad sont sages, obéissants et très bien élevés. Nous apportons les aides financières de parrains français. En échanges, nous devons réaliser un reportage photographique des enfants avec leurs parents.

La famille habite une grande et belle maison qui sera confortable quand elle sera terminée. L’eau courante et l’électricité sont en cours de travaux.

Nous quittons nos hôtes et regagnons notre domicile chez Muriel.

Encore une journée fatigante et bien remplie !

Mardi 30 novembre

Ce matin, Fidèle et moi sommes invités à l’ouverture du Colloque International sur le thème « Femmes, Sciences, Sociétés et Développement ».Diane nous a transmis hier des invitations de Jean Coulidiati, Président de l’Université de Ouagadougou. Fidèle et moi, nous rendons dans la magnifique salle de Conférence Internationale, à Ouaga 2000, pour 9 h. Je salue Jean Coulidiati et son collègue Président de l’Université de Koudougou. Nous évoquons. Juliette Bouda, sa secrétaire, rencontrée à Bourges.

La cérémonie d’ouverture commence avec les éloges des Femmes par les personnalités présentes : 1ère Dame du Burkina, ministres, hauts fonctionnaires.

Deux heures plus tard, nous sommes invités à prendre une collation et un rafraichissement dans une grande et belle salle. Nous pouvons consulter les photos réalisées au cours de la cérémonie.

Il est l’heure d’aller retrouver Muriel au Jardin de l’amitié. Après le repas, nous avons rendez-vous avec Alexis, à l’Assemblée Nationale. Nous le retrouvons avec plaisir pour un court moment d’échanges.

Le soir nous sommes invités chez Pierre Tenga Sawadogo et Amélie, sa femme. Je ne les ai pas revus depuis 2006 et je me réjouis de ces retrouvailles.

Nous échangeons avec Pierre sur les us et coutumes du pays. Léon, rencontré à une réunion, Alexandre, maire de Nasséré, Joëlle et Denise de l’association A.M.A.D.E.F.O.N., participent à cet intéressant échange.

De retour chez Muriel, nous la retrouvons en train de préparer sa journée de classe du lendemain. Elle nous montre les nouveaux carnets de correspondance à compléter pour chaque élève.

Minuit, rangement du matériel, toilette et mon matelas m’attend avec ma moustiquaire pour terminer la nuit !

Mercredi 1er décembre

Dernier jour. La mission se termine.

On se rend à l’aéroport, en travaux, pas facile d’accès !

Tous les amis sont là ! Un dernier rafraichissement avant d’emprunter la file d’enregistrement des bagages ! On ressort pour un ultime au revoir et nous rejoignons la salle d’embarquement.

Décollage, 6 h de vol et arrivée à Orly, dans le froid et la neige !

Ont participé à cette mission : Joëlle MATHIEU, Gérard MATHIEU et Mireille JORANDON

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